L'histoire du portage

Rédigé le 14/01/2016
Emilie Lovet

Lorsqu'on recherche des informations sur l'histoire du «portage d'enfants», on trouve souvent des images représentant des couches pauvres de la population. De tout temps, les hommes se sont déplacés – pour voyager ou travailler – et les enfants devaient donc être emmenés. Le landau a seulement été inventé à la fin du 19ème siècle.

Le tableau d'Adriaan van den Velde (1636-1672) «Arrêt devant l'auberge» (Musée des Beaux-Arts de Leipzig) montre un enfant porté dans un tissu parmi les voyageurs.

source texte et photo : storchewiege

 

Gemälde Halt vor dem Wirtshaus

Détail du tableau d'Adrien van den
Velde (1636-1672) «Arrêt devant
l'auberge» (Musée des Beaux-Arts
de Leipzig)
 

Lorsque le landau de la reine Victoria a été adapté aux exigences de la cour, il s'est rapidement imposé dans les milieux favorisés. Dans ces classes-là, il était courant depuis déjà bien longtemps de confier ses enfants à une nourrice et à une bonne d'enfant. Les relations mère-enfant étaient distantes. Employer du personnel pour s'occuper des enfants était un signe d'aisance et le landau est donc devenu, lui aussi, un signe de richesse.

Le portage des enfants s'est fait de plus en plus rare. Au début du 20ème siècle, on a commencé à considérer qu'être proche de ses enfants et satisfaire à leurs besoins revenaient à les gâter. Quand on a réussi en 1950 à fabriquer du lait en poudre, même la nutrition et donc toute la prise en charge du nourrisson ont pu alors être réalisées en dehors du giron familial.

 

En 1970, le biologiste allemand Bernhard Hassenstein a introduit la notion de «porté» en tant que type de jeune animal. Le «porté» se caractérise par de bons réflexes d'agrippement au niveau des mains et des pieds, qui lui permettent de s'accrocher à sa mère. L'humain fait partie des «portés» passifs, c'est-à-dire que le nouveau-né n'est pas capable de tenir tout seul. Il est tributaire du soutien de la mère. Parmi les autres caractéristiques du «porté» figurent aussi en partie des organes sensoriels encore non développés et une régulation thermique instable.

Autrefois, l'homme était qualifié à tort de nidicole, d'où les soins correspondants prodigués aux petits. D'après les conclusions d'Hassenstein, les «portés» constituent un type à part entière qui présente des besoins qui lui sont entièrement propres. Ils ont besoin de la proximité directe de la mère ainsi que de la chaleur et du contact physique pour pouvoir grandir et bien se développer. Le portage en écharpe permet de satisfaire à tous ces besoins. Il est réapparu dans nos sociétés dans les années 80. Sages-femmes, groupes d'allaitement et médecins préconisent le portage.